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Islam et Christianisme

3. Christianisme : la Parole de Dieu, qui est Dieu, s'incarne en une personne (Jésus-Christ)

   Pour comprendre la doctrine chrétienne de l'incarnation et la comparer de manière raisonnée avec celle de l'islam, il faut bien garder à l'esprit ce point fondamental : il y a nécessairement un lien étroit entre la nature de la Parole éternelle et son mode d'incarnation. Comment et en quoi la Parole s'incarne-t-elle : c'est la Parole elle-même qui en décide, et cela non pas de façon capricieuse, aléatoire, mais en conformité avec son propre être. Parmi tous les objets et tous les êtres du monde, la Parole choisira en effet, pour s'incarner en lui, celui qui est le plus apte à l'accueillir sans la défigurer, celui en lequel elle demeurera elle-même le plus pleinement. Et cela, à vrai dire, non pas d'abord pour se préserver et rester pure en dépit de son contact avec le monde, mais bien plutôt pour que ce soit effectivement elle qui pénètre en lui, pour qu'il n'y ait rien d'elle-même qui ne soit offert aux hommes. On ne doit pas croire, en effet, que la Parole de Dieu cherche le moyen d'entrer dans le monde qui lui permettra de se commettre le moins possible avec celui-ci (comme si elle ne voulait y entrer qu'avec réticence, à regret), mais il faut croire qu'elle cherche et trouve le moyen de se donner le plus possible aux hommes : car là est précisément son but. Si donc elle doit s'incarner en ce qui la laissera intacte, ce n'est pas afin que son incarnation soit minimale, mais au contraire pour qu'elle soit maximale.
   Aussi n'y a-t-il rien d'étonnant à ce que l'insertion de la Parole de Dieu dans le monde (c'est-à-dire l'incarnation) ne prenne pas la même forme dans le christianisme que dans l'islam. Aussi grande est la différence dans la façon de concevoir la nature de la Parole, aussi grande sera la différence dans la manière de reconnaître en quoi elle s'incarne. Or selon le christianisme, on l'a vu (cf. Première Partie), la Parole éternelle de Dieu est quelqu'un, un sujet. Il faut maintenant revenir sur ce point et l'approfondir encore.

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   Dans le monde humain, une parole reste toujours différente de son auteur, et cela d'une double façon. D'abord, ce que dit un homme est toujours différent de ce qu'il est, et cela d'autant plus que sa parole est plus parfaite. Nous admettons, en effet, que le but et le sens ultimes de toute parole est d'exprimer la vérité ; plus une parole exprime la vérité de manière juste et complète, plus cette parole est conforme à l'essence même de toute parole, et plus elle est donc parfaite. Or aucun homme n'est lui-même la vérité ; aussi, lorsqu'il dit la vérité, l'homme dit autre chose que lui-même, ce n'est pas lui-même qu'il exprime. Comme on le sait, une condition essentielle de l'expression de la vérité, pour l'homme, est que celui qui parle prenne soin de ne rien faire intervenir de personnel, lorsqu'il parle ; il doit être lui-même absent de son discours, s'effacer ; son discours, pour être vrai, doit être impersonnel et anonyme. Et inversement, plus un homme laisse son discours être influencé par sa propre personne, plus sa parole reflète ses goûts, habitudes et intérêts personnels, plus ce discours et cette parole seront partiels, tendancieux, et moins ils sont vrais. Il n'y a donc bien de discours vrai, pour l'homme, que si ce qui est dit n'a rien à voir avec celui qui parle. Ensuite, la parole humaine est toujours distincte de son auteur en ce sens également, que cette parole n'est pas sujet d'elle-même, pas auteur d'elle-même, pas consciente d'elle-même : elle n'est pas elle-même une personne, seul celui qui parle en est une. Ainsi le vrai que dit l'homme n'est pas un je, ce n'est pas lui-même qui se dit, mais il est seulement dit. On voit clairement en cela le caractère passif et inerte de toute parole humaine, son appartenance à la catégorie du quelque chose plutôt qu'à celle du quelqu'un. Le plus magnifique des discours n'est jamais qu'un discours, et ne peut être comparé avec une personne. Sans doute, on peut avancer que lorsque l'homme dit le vrai, c'est en fait le vrai qui se dit à travers lui, lui-même n'étant que le medium emprunté par le vrai pour s'exprimer ; sans doute aussi, l'on peut soutenir que le discours vrai est animé d'une certaine vie intérieure, d'un mouvement propre, dans la mesure où tous ses éléments sont liés organiquement entre eux, et s'engendrent les uns les autres. Mais il faut ici faire la part de l'image et de la stricte réalité : jamais un discours humain, si parfaitement agencé soit-il, ne peut être considéré stricto sensu comme un sujet vivant et conscient de soi.
   Chez l'homme donc, ce qui est dit diffère nécessairement de celui qui parle, tout spécialement quand c'est le vrai qui est dit, et il en diffère d'une part quant au contenu (celui qui parle n'est pas lui-même le vrai), et d'autre part quant à la subjectivité (le vrai n'est pas lui-même celui qui parle). Or en va-t-il de même lorsqu'il s'agit de Dieu et de sa Parole ? Nullement, comme nous l'avons déjà laissé entendre et comme nous allons maintenant le confirmer.

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   Chacun le sent intuitivement : la Parole éternelle de Dieu ne saurait avoir d'autre contenu que Dieu lui-même. La vérité absolue que Dieu exprime en sa Parole ne peut être extérieure à lui, autre que lui : si tel était le cas, Dieu ne serait point l'absolu, mais simplement un dieu à la manière du paganisme.
   Paradoxalement, c'est un philosophe "païen" qui nous aide le mieux à le comprendre. Très instructive, en effet, est la pensée d'Aristote à propos de l'être absolu comme pur esprit, pure Intelligence. Le grand philosophe grec propose un raisonnement d'une clarté et d'une solidité difficilement contestables, qui nous intéresse ici grandement : seule est absolue, séparée, autosuffisante, l'Intelligence absolument en acte (c'est-à-dire se réalisant effectivement en sa totalité, n'ayant rien qui demeure ineffectif, "en puissance") ; or cette Intelligence ou Pensée, sauf à être absolument vide, pense nécessairement quelque chose, elle a un contenu ; mais que pense donc la Pensée absolument en acte ? Elle-même, répond Aristote : la Pensée est à concevoir en sa plénitude comme Pensée de la Pensée. Précisément, elle n'est absolue, que dans la mesure où elle ne s'applique pas à un objet autre qu'elle-même et extérieur à elle, mais constitue elle-même la matière sur laquelle elle s'exerce, et est pour elle-même son propre contenu.
   Retranscrit en termes de théologie révélée, ce raisonnement peut s'énoncer ainsi : en son éternité même Dieu parle ; et s'il parle, c'est qu'il a "quelque chose à dire" : sa Parole a un contenu. Or ce contenu ne peut être que le plus vrai, le plus beau, le plus parfait : en un mot, ce qui est le plus digne d'être objet d'attention, de pensée et de discours. La parole ne sera Parole absolue et éternelle que si, d'une part, son sujet (celui qui la profère, qui en est la source) est l'absolu, et si d'autre part son objet (ce qu'elle dit, exprime) est lui aussi absolu. Or c'est Dieu lui-même qui est précisément cela. C'est Dieu lui-même qui constitue l'objet de pensée et de discours le plus parfait et le plus digne. Du reste, encore une fois, si la parole éternelle de Dieu est la parole suprême, la parole par excellence, parfaitement accomplie et indépassable, l'on comprend bien que cela doit tenir, certes, à la nature de sa source (Dieu), mais aussi à la nature de ce qu'elle dit (son contenu ou objet propre). Ce n'est pas n'importe quel objet, n'importe quel contenu qui peut constituer la matière de la Parole que l'absolu s'adresse éternellement à lui-même [1]! Si en son éternité Dieu est au suprême degré vivant et actif ("en acte"), et si son activité consiste à la fois à exprimer, à contempler et à aimer, alors, il contemple ce qui est le plus digne d'être contemplé, c'est-à-dire lui-même ; il exprime ce qui est le plus digne d'être exprimé, c'est-à-dire lui-même ; il aime ce qui est, absolument, le plus digne d'être aimé, c'est-à-dire lui-même.
   Cela signifie qu'en sa Parole éternelle, Dieu dit ce qu'il est et est ce qu'il dit. C'est pourquoi la théologie chrétienne utilise souvent, et à juste titre, la notion d'expression à propos de la Parole éternelle de Dieu : car cette notion implique l'idée d'une manifestation ou extériorisation de soi-même ; cela est évidemment à relier avec l'idée d'engendrement, étudiée plus haut (I,1), qui désigne l'acte de faire être à partir de soi un être du même genre que soi. C'est pourquoi aussi ce qui a été dit à propos de l'homme, à savoir qu'il y a différence entre celui qui parle et ce qu'il dit, cesse maintenant d'être vrai : c'est au contraire l'identité des deux qui caractérise l'auteur et le contenu de la Parole divine. C'est pourquoi enfin, tandis que la parole de l'homme n'a jamais que la consistance et la réalité d'un quelque chose (des mots, des sons et des idées...), la Parole de Dieu peut et doit être conçue comme étant quelqu'un. En effet, parce qu'elle est Expression de soi de l'absolu, la Parole de Dieu ne saurait consister en un simple discours, un ensemble inerte et passif de choses (mots, phrases, idées), qui n'aurait aucune conscience de lui-même, qui aurait en-dehors de lui la subjectivité et la vie. L'Expression de soi de l'absolu est elle-même douée de subjectivité, elle est elle-même un sujet vivant et aimant. Elle ne peut que posséder le caractère d'être spirituel et de personne présent en sa Source, car c'est précisément par là qu'elle en est l'Expression parfaite : Dieu, comme sujet de Parole, ne garde pas pour lui le principe même de la vie et de la subjectivité spirituelle, mais il la communique à son Expression. Ainsi seulement celle-ci peut rendre librement l'attention et l'amour qu'elle en a reçu, se donner elle-même à sa source en réponse au don total de soi dont elle est le fruit éternel, et nouer ainsi avec sa source la relation d'amour qui, seule, rend possible l'unité véritable (cf. I,4 et I, Conclusion).
   Une manière de le comprendre est de remarquer que, si ce n'était pas le cas, cela signifierait premièrement que la Parole de Dieu est infiniment inférieure à la créature humaine [2] : car cette dernière est bien, pour sa part, un sujet pensant et conscient, capable d'écoute, de réponse, d'amour, en un mot un être capable de relations spirituelles, qui vaut et signifie donc bien plus qu'un simple groupe de mots ; car un groupe de mots, si beau et si profond soit-il, est absolument incapable de tout cela (il est même, à vrai dire, incapable de quoi que ce soit par lui-même). Or comment croire que la simple créature puisse constituer un être infiniment plus réel et plus riche que l'Expression éternelle de l'absolu ? Comment penser que l'homme a la dignité d'un sujet spirituel et vivant, tandis que la Parole éternelle de Dieu aurait simplement le statut d'une chose inerte ? Deuxièmement et par conséquent, si la Parole éternelle était quelque chose et non quelqu'un, cela signifierait que les relations de Dieu avec sa Parole ne pourraient être des relations d'amour, d'échange spirituel parfait, mais seulement un rapport de personne à chose. Autrement dit, cela signifierait que la forme de relation la plus parfaite, à savoir l'union absolue dans l'amour, serait inconnue de Dieu et impossible pour lui : car il ne peut y avoir d'amour, et donc d'union, et donc d'unité véritable qu'entre des personnes. Aucune relation de personne à chose ne peut approcher en beauté, en profondeur et en réalité, d'une relation de personne à personne. Il faudrait croire, si la Parole de Dieu n'était que quelque chose, que les créatures humaines seraient capables en s'aimant d'une vie plus profonde et plus belle que celle de Dieu...
   Tenons donc pour acquis que, conformément à ce qu'enseigne le christianisme, la Parole de Dieu est elle-même Dieu, elle-même une Personne. On comprend alors que cela va retentir sur le mode d'insertion de cette Parole dans le monde, c'est-à-dire sur l'incarnation.

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   Si la Parole éternelle de Dieu entre dans le monde de manière telle qu'elle demeure bien elle-même, et si cette Parole est bien une Personne et non une chose, alors il est clair que sa pénétration dans le monde ne peut s'effectuer sous la forme d'un discours fait de mots. Tous les éléments sont désormais rassemblés pour le comprendre. Si elle entrait dans le monde sous la forme d'un discours, la Parole éternelle serait presque complètement défigurée par un tel mode de pénétration, d'incarnation. Il y aurait une prodigieuse déperdition entre ce qu'est la Parole en elle-même et la façon dont elle apparaîtrait aux hommes : une déperdition telle, à vrai dire, qu'il faut aller jusqu'à admettre que ce ne serait pas la Parole éternelle de Dieu qui apparaîtrait ainsi. Car son coeur le plus essentiel et le plus profond, ce par quoi elle est de nature divine et non humaine, à savoir son statut de sujet vivant et actif, serait ainsi complètement laissé de côté. Alors qu'elle est la vie même, le sujet par excellence, elle apparaîtrait sous une forme qui en est, pour ainsi dire, le contraire, celle d'un ensemble inerte de choses (mots). Encore une fois, on peut insister tant que l'on veut sur la beauté d'un discours, sa profondeur, sa perfection comme discours, il demeurera toujours et nécessairement un abîme entre cela et un sujet spirituel, une personne douée de volonté et de connaissance. C'est se méprendre complètement que de penser que l'on va authentifier un discours comme étant bien la Parole éternelle de Dieu, en montrant que le discours en question est insurpassable comme discours. Cela revient à croire que la Parole éternelle de Dieu ne peut s'incarner qu'en prenant la première place dans l'ordre du discours, alors qu'en vérité elle doit s'incarner en une réalité d'un autre ordre que le discours, celui-ci étant insuffisant et inadéquat par nature. En d'autres termes, cela revient à dégrader la Parole au lieu de lui rendre hommage. On ne l'honore pas et on ne la voit pas comme elle demande à être vue, en l'installant au sommet de l'ordre des choses : car la mettre au sommet de celui-ci, c'est encore l'enfermer en lui. Si elle est à envisager comme une Personne, alors la Parole éternelle ne s'incarnera pas sous la forme du meilleur des discours, mais sous la forme de ce qui est meilleur que tout discours. La Parole de Dieu ne s'incarne pas sous la forme de la plus belle des choses, mais sous une forme qui dépasse infiniment celle de toute chose.
   De quoi peut-il donc s'agir ? Chacun l'a déjà compris. Il n'y aura de vraie pénétration de la Parole éternelle dans le monde, que si cette pénétration s'effectue de façon à ce que la Parole conserve pleinement, et rende manifeste au monde, son statut de Personne vivante et de sujet. C'est elle-même qu'elle manifeste, c'est elle-même qui entre dans le monde. C'est donc comme sujet et comme personne qu'elle y entre, c'est en un sujet et en une personne qu'elle s'incarne : autrement dit en un homme, non en des traits, des points, des courbes ou des sons. C'est en se faisant homme que la Parole éternelle de Dieu entre vraiment et pleinement dans le monde, et cela en un double sens, conforme à la double condition de l'incarnation véritable, dégagée précédemment (cf. supra, §1).
   D'une part en effet, c'est en entrant dans le monde comme une personne humaine que la Parole y entre toute, sans déperdition ni réserve, ni médiation d'un substitut : elle y entre "en personne", au sens où cette expression signifie en français que c'est de l'être lui-même qu'il s'agit – ou de la chose même, en entendant le terme "chose" dans le sens de l'allemand Sache –, et non pas seulement de son phénomène ou de sa manifestation (vocale par exemple) ou de sa représentation (un porte-parole). En elle-même personne (divine), la Parole éternelle de Dieu entre "en personne" dans le monde des hommes comme une personne (humaine). D'autre part, c'est en entrant dans le monde comme une personne humaine que la Parole éternelle de Dieu y entre pleinement, y habite vraiment : car être un homme est la plénitude de l'être-dans-le-monde ; rien n'est aussi pleinement dans le monde qu'une personne humaine. Les choses, pour leur part, sont bien "dans" le monde elles aussi, en ce sens qu'elles sont situées en lui spatialement ; mais elles y sont sans le savoir, sans aucun recul par rapport à ce en quoi elles sont, et sans aucune possibilité de le voir comme tel ni d'agir sur lui. Les choses sont seulement posées dans le monde, elles ne l'habitent pas. Mais un homme, sujet actif de pensée, de parole et d'action, chair vivante, est source de regard et d'action sur le monde comme tel. Il est infiniment plus présent au monde, en le pensant et en le transformant, que ne l'est aucune des choses du monde.

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   La Parole n'entre "en personne" dans le monde, et n'entre vraiment en lui que si elle y entre comme une personne : comme un homme. Cela, en dépit des développements qui précède, soulève évidemment une multitude de questions et appelle une infinité de prolongements. Cela ouvre en particulier la question de savoir comment identifier quel homme est celui en qui la Parole éternelle s'incarne : Jésus-Christ, comme le croient tous les chrétiens ? Pourquoi lui et non un autre ? Mais nous laisserons cette question de côté pour l'heure ; nous nous en tenons ici au principe général selon lequel il n'est pas du tout absurde, mais au contraire parfaitement logique, que ce soit en un homme et non en un groupe de mots que la Parole éternelle s'incarne, dès lors que cette Parole est par nature une Personne. Nous tenterons seulement, dans la suite de notre propos, de clarifier encore plus ce point capital, de notre mieux : d'abord, en précisant pourquoi le christianisme n'est pas une "religion du livre", et pourquoi le livre a dans le christianisme une importance réelle mais subordonnée (§ 4) ; ensuite et enfin, en nous penchant sur la question de savoir qui, de l'islam ou du christianisme, respecte le plus profondément la grandeur de Dieu, et qui, par sa conception de l'incarnation, tombe dans l'anthropomorphisme (§ 5).

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[1]. C'est bien pourquoi, encore une fois, l'idée islamique selon laquelle ce contenu pourrait être formé de considérations concernant la nourriture ou l'habillement de l'homme est absolument irrecevable, et même absurde. Rappelons que l'on peut admettre que Dieu parle de telles choses, mais à condition de poser clairement que cette parole de Dieu n'est pas sa parole éternelle.
[2]. Nous attirons l'attention du lecteur sur le fait que nous comparons bien, ici, la Parole de Dieu et la créature humaine (et non pas la Parole de Dieu et la parole de l'homme).

 

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